Il faisait si chaud…

Il faisait si chaud…

 

Il faisait si chaud dans cette pièce, il n’en pouvait plus. Cette chaleur n’était pas due à un soleil fringuant. Assis sur son lit une place, il végétait comme un poisson au bord de l’asphyxie. Dehors, le ciel est comme d’habitude, rempli de nuage et d’oiseau heureux de vivre. On a bien raison d’envier ces petits être volant, se dit il dans un soupir interminable. A chaque minute, leur vie ne tient qu’à un fil, mais leur joie est immense. Les oiseaux sont des être ivre de ce sentiment d’extase qu’on a lorsqu’on est au bord d’un précipice. Un battement d’aile par ci, un autre par là, toute leur vie se résume a un défi contre les forces houleuse du vent. Si seulement, il pouvait être un de ces volatiles, il migrerait loin, jusqu’où pourraient le mener ses forces. En se posant sur une terre inconnue, il pourra alors dormir du sommeil du voyageur qui a bravé milles obstacles. Ce sommeil là, cela faisait longtemps qu’il ne l’avait plus connu. Bloqué sur un lit pour le restant de ses jours, ses yeux n’avait plus réussi a se refermer, tellement l’horreur étreignait son cœur à chaque instant. Paralysé, il était paralysé a vie. Le monde vivait, les oiseaux volaient, et le monde n’avait que faire de lui. A une autre époque, un tel accident l’aurait condamné à une mort certaine, mais on avait pu le sauver. Electrochocs, scies, intraveineuses…il rouvrit enfin des paupières fiévreuses. Il avait quitté le néant, et devant lui se tenait des visages masqués et impassibles. Ils l’avaient sauvé de la mort, mais à quel prix ? Si seulement il avait pu voir dans leur regard de l’altruisme, mais leur expression était vide. Ils faisaient leur métier, c’est tout. Ils l’avaient sauvé comme ils auraient sauvé n’importe qui. Maintenant son dossier était classé dans un grand bureau soigneusement nettoyé jour après jour. Celui-ci disait d’une écriture froide et dénuée de compassion : rupture de la région lombaire en trois partie, fracture de trois cervicale avec traumatisme crânien. Tous les jours un infirmier au sourire gêné venait changer les compresses qui recouvraient presque toutes les parties de son corps brulé. Mais en dehors de l’état de totale impuissance dans la quelle il se trouvait avec ses trois membres amputés et sa face couvertes de cicatrices écarlates, un chose bien plus atroce lui rongeait l’âme. Il n’avait pas été la seule victime de ce massacre. Quand le camion avait explosé devant les portes de la faculté, il se tenait sur le parvis avec d’autres étudiants comme lui. Ce qui le torturais toutes les nuits, c’était un effroyable regret : ah s’il avait écouté cette petite voix, ce n’était même pas une voix mais un vulgaire grognement primitif. Ce camion garé en double fil l’avait interpellé des le début. Son ombre épaisse et menaçante se dressait farouchement sur le parvis, et pourtant il s’était dit que ce n’était rien. Quand il lui sembla que malgré la foule bruyante, un silence oppressant envahissait les lieux, il s’était dit : ce n’est rien. Sur son épaule, la tête de sa copine aux cheveux soyeux lui tenait chaud, pourtant une sueur glacée coulait dans son dos. Il se mit à parler plus haut et fort, espérant annihiler cette inquiétude venue de nulle part. elle le regardait avec ses yeux noisette qu’il aimait tant, et son cœur se mit à fondre, ainsi que sa peur commença a le submerger. Soudain il lui serra la main un peu trop nerveusement. Il sentit le sang affluer au niveau de ses tempes lorsqu’elle lui demanda se qui n’allait pas. Son regard angoissé passa d’elle au camion dans un mouvement involontaire. « Allons ailleurs ma chérie » lança il. Mais c’était trop tard. Il explosa. Il avait été un des seuls survivant. Encore maintenant il ne réalisait qu’avec peine par quoi il était passé. L’explosion avait été si phénoménale, il n’aurait jamais pu concevoir à quel point les explosifs étaient une arme aussi épouvantable. Dans les films au acteurs gominé, ceux-ci sautent a terre et se relèvent en affichent un sourire d’ahurie. La vérité elle, était plus mathématique que ces films stupides. Il n’avait survécu que parce qu’il s’était trouvé a une distance située entre la mort instantanée et la survie sans blessure graves. Désormais il n’avait pour rêves que ces yeux noisette qui lui rendirent sa terreur lors de la première déflagration qui rependit la mort autour d’eux. Au second souffle enflammé, tout deux était déjà a terre.  Alors il vint cet instant tragique ou, faisant obstacle avec son corps frêle entre lui et les flammes infernales, il l’a vue mourir avant de perdre connaissance. Après tout n’avait été qu’un terrible tourbillon. Son corps virevolta dans tout les sens alors que les bombes éclataient a intervalles régulier. A présent il était cloué sur un lit d’hôpital, coupé du monde. Avec pour seul souvenir, cette femme qu’il aurait voulu plus que tout protéger.

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