La faim du loup

La faim du loup

 

Harry le loup rodait dans les bois

Il faisait nuit et terriblement froid

Il était affamé, et il avait soif, soif de sang

Sous la lune son ombre s’effilait tel un long couteau

 

La foret semblait danser autour de lui, ivre de faim

Perdu dans sa tête et dans son cœur, isolé, meurtri

Puis une odeur frappe sa truffe humide, un coup puissant

Il courut, courut comme un forcené sous la voûte des arbres

 

Il fait sombre, trop sombre pour bien voir ce qui bouge

Pourtant, il trouve sous un rayon de lune, sa proie

C’est bien cette odeur, fraîche et tendre, délicieuse

Elle lui tourne le dos, ne voyant pas les crocs luisants

 

Il saute, vif comme un rasoir, fendant le ciel nocturne

Le petit être à la fourrure blanche n’a pas le temps d’agir

Et tout tremblant il finit entre les griffes puissantes

Pourtant il vit encore, car Harry veut apprécier son repas

 

Un jeune lièvre au pelage doux et aux yeux tristes

La salive débordante, il ouvre la gueule et veut mordre

Le corps fragile s’agite un instant, puis se crispe à jamais

Avide il lèche le sang, et des larmes de joie coulent, sauvé !

 

Il découvre qu’autour du cou se trouvait un cercle de métal

Il tire dessus, une fine chaîne sort de sous les feuilles éparses

Enivré par le repas qu’il vient de faire, ses sens affluent

Et des lors, la même odeur accourt vers lui, il se réjouit !

 

Une multitude d’yeux brillent sortant de nulle part

Il est encerclé par ce parfum de chair noble, et il rit !

« C’est cela, venez me nourrir ! » S’esclaffe t’il ironiquement

Les billes pales s’approchent, sortant lentement des ténèbres

 

Des vieux lièvres faméliques aux yeux rouges, affamés

La narine énorme et frémissante, s’avancent tous ensemble

La mâchoire pendante, ils se pourlèchent, sans peur

Armés de leur seule  faim, car leur misère est si grande

 

Harry comprend que tout cela n’était qu’un piège

Quand les dents pointues s’enfoncent dans sa chair molle

Et que malgré sa fureur, le nombre fini par l’emporter

Que le sacrifice d’un seul puisse sauver un peuple, il l’ignorait.

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